Un phare, un vaisseau, un sanctuaire sur la Méditerranée. Les images ne manquent pas pour évoquer du Musée Océanographique. A l’intérieur, les cinq niveaux d’exposition suscitent l’étonnement, soulèvent ou répondent aux questions sur la vie des océans. Acteur et défenseur de la biodiversité, le Musée va fêter cette année le centenaire de sa construction...
C'est une histoire d'amour, de fêtes et de prestige... Lire l'article
Dans la quasi pénombre, les bassins se succèdent comme des tableaux vivants. La petite foule d’enfants et d’adultes laisse parler son émotion devant le spectacle de cette nature aquatique reconstituée à la fois belle et étrange. Une dame s’extasie : "Je pourrais passer des heures à les regarder ! Ce doit être merveilleux de plonger au milieu d’eux". Un tout petit, calé dans sa poussette, tape des mains et des pieds au passage de ces poissons exotiques, lumineux et colorés. Les plus grands préfèrent le spectacle "terrifiant" du Lagon aux Requins où les squales nagent dans un bassin de six mètres de profondeur.
L’Aquarium est l’attraction la plus courue du Musée Océanographique de Monaco. Outre qu’il soit un des plus anciens au monde – créé en 1903 – il regroupe dans ses 90 bassins, 400 espèces de poissons, 200 espèces d’invertébrés et une centaine d’espèces de coraux élevés dans la ferme à corail. L’équipe scientifique du Musée maîtrise l’élevage de plus de 70 espèces de coraux durs et limite ainsi les prélèvements en milieux naturels. L’Aquarium est aussi une référence en matière de faune et de flore méditerranéenne aquatique avec le souci permanent d’alerter le public sur les espèces rares, menacées ou protégées. Les poissons sangliers ou la bécasse de mer, peuplant les fonds de plus de 200 mètres, fraient ici en toute liberté.
Science et art
Inauguré le 29 mars 1910, le lieu reste attaché à l’image de son concepteur et fondateur, le Prince Albert 1er de Monaco. Océanographe reconnu, il mène 28 expéditions scientifiques entre 1885 et 1915 qui le conduisent des Açores au Spitzberg. Les résultats obtenus représentent des avancées majeures dans le domaine de la biologie, de la médecine ou de la météorologie marine. Ils posent dans le même temps les bases des grands sujets d’étude de l’océanographie moderne, tel que l’importance de l’équilibre entre les êtres vivants et leur milieu. Jacques-Yves Cousteau, grande figure représentative de cette océanographie moderne, a été le directeur du Musée entre 1957 et 1988. Ce gigantesque vaisseau de pierre – 100 mètres de long, 85 mètres de haut - a nécessité onze années de travaux. Accroché au flanc du Rocher de Monaco, sa façade et son intérieur sont une ode à la mer et à ses richesses. L’arche de méduses de la porte d’entrée et la rampe en marbre du monumental escalier qui conduit vers le premier étage en sont de spectaculaires illustrations. C’est ici que se tient le squelette d’un rorqual commun – Balaenoptera physalus – échoué en 1896 sur la côte Ligure, véritable objet d’émerveillement de par ses proportions, 20 mètres de long. Dans la salle opposée, une partie du véritable laboratoire de l’Hirondelle II, le dernier des quatre navires du Prince, est exposée. Si la collection d’histoire naturelle du Musée comporte plusieurs dizaines de milliers de pièces, la vocation du lieu est aussi artistique. Objets d’art, dessins, tableaux, photographies, jalonnent le parcours de la visite.
Le Musée Océanographique de Monaco fête son centenaire en 2010. A travers la Fondation Albert 1er, créée en 1906, il perpétue sa mission de recherche océanographique et de diffusion des connaissances. Il regarde aussi vers l’avenir, en imaginant de nouveaux parcours de visites où les préoccupations environnementales de notre siècle sur la sauvegarde des océans sont pleinement intégrées.
Consultez les centrales de réservation locales et réservez en ligne