|
Terra Amata : le lien entre passé et présent
Il ya 400 000 ans, Homo erectus installa une halte de chasse à l’endroit d’une petite crique abritée d’où il partait courir le cerf ou l’éléphant. Le climat y était plus chaud que de nos jours et dans le paysage abondaient les chênes, les oliviers et les pins d’Alep. A l’angle de l’actuel boulevard Carnot et de l’impasse Terra Amata, la fouille du site va révéler aux paléontologues un habitat sommaire, identifié grâce aux empreintes de trous de piquets et à de grosses pierres censées consolider une hutte en branchages. Ils vont aussi effectuer le moulage d’un pied droit, la seule trace humaine trouvée à Terra Amata. Henry de Lumley et son équipe font ces découvertes alors qu’ils prospectent le site d’un chantier de construction en 1966. La fouille de sauvetage met à jour 21 niveaux d’habitat et plus de 28 000 objets.
"L’un des plus anciens foyers de l’humanité méritait un musée. En septembre 1976, le musée de paléontologie humaine de Terra Amata est inauguré au rez-de-chaussée de l’immeuble, à l’emplacement même de la découverte", explique Bertrand Roussel, préhistorien, responsable des collections de ce musée municipal niçois. Au-delà des galeries d’exposition permanente qui restituent le quotidien et l’environnement des chasseurs nomades, "le musée se veut aussi un lieu d’exposition où la préhistoire est abordée sous des angles originaux. L’idée étant d’y faire venir régulièrement un public différent issu de l’art contemporain ou de la littérature". A titre d’exemple, en 2010, les photos, collages et lavis du plasticien Henri Maccheroni étaient présentés à Terra Amata, accompagnés des textes de l’écrivain Michel Butor.
Musée ouvert tous les jours, sauf le lundi. Entrée gratuite
25, boulevard Carnot - 06300 Nice
Tél. 33 (0)4 93 55 59 93 - www.musee-terra-amata.org
La grotte du Lazaret : une découverte majeure
Non loin de là, à quelques encablures du rivage, le site de la grotte paléolithique du Lazaret a tout d’un petit paradis méditerranéen. Entre -200 000 ans et -130 000 ans le climat était rude, le lieu servait alors de halte de chasse à des anténeandertaliens et fut fouillée dès le XIXe siècle. Depuis 1961, les équipes du professeur Henry de Lumley sont sur le site et ont exhumé 40 000 découvertes dont 23 ossements humains. Le 13 août 2011, une équipe d’étudiants en archéologie découvre un 24e fragment osseux vieux de 170 000 ans. "A priori, personne ne pensait qu’il pouvait s’agir d’un crâne humain, surtout là au milieu des restes de cervidés. Quand nous avons vu les orbites de l’os frontal, nous n’en croyions pas nos yeux !" lance Samir Khatib responsable de la fouille à la grotte du Lazaret. Cet os frontal démontre "qu’il y a encore des Homo erectus à cette période sur la Côte d’Azure et en Europe. La dépression creusée au-dessus du nez et le bourrelet discontinu au-dessus des orbites sont significatifs. Le Néandertalien, lui, possède un bourrelet continu" explique le professeur de Lumley. Les premiers hommes arrivent en Europe depuis l’Afrique il y a 1,4 millions, vers - 600 000 ans se singularise Homo erectus, classé comme anténeandertalien. Quant aux Néandertaliens, eux-mêmes, leur présence est attestée entre -250 000 et - 30 000 ans. Pour M. De Lumley, ce niçois ou cette niçoise - âgé de moins de 25 ans comme l’atteste l’état de son ossature frontale - "permettra de comprendre comment on a glissé sur ces rivages de la Méditerranée vers l’homme de Neandertal".
La grotte du Lazaret se visite sur réservation, minimum 5 personnes.
En période de fouilles : juillet et août, la réservation n’est pas obligatoire.
33, bis boulevard Frank Pilatte - 06300 Nice
Tél. 33 (0)4 92 00 17 37 - http://lazaret.unice.fr
Tourrette-Levens : halte de chasse d’Homo sapiens
La suite de l’aventure humaine des Alpes-Maritimes se lit dans les abris rocheux d’un village situé au nord de Nice. La grotte du Merle et la Baume Périgaud, sur la commune de Tourrette-Levens, ont révélé des traces d’occupation d’hommes de Neandertal et d’Homo sapiens. "Dans la grotte du Merle nous avons retrouvé des outils taillés dans des éclats de pierre selon une technique qui été propre aux Néandertaliens. Leur disparition au profit des Homo sapiens venus d’Afrique, peut s’expliquer par une pandémie, une guerre voire par leur isolement progressif", explique Patricia Valensi, paléontologue, conservatrice du musée de la Préhistoire de Tourrette-Levens. Dans la Baume Périgaud, les scientifiques ont identifié trois niveaux d’occupation par Homo sapiens, qui vont de -34000 à - 22000 ans. "A chaque période correspondent des techniques de fabrication de sagaies différentes. Certaines de ces sagaies sont identiques à celles que l’on trouve dans les grottes Grimaldi à la frontière italienne. On peut donc imaginer que les habitants de ces grottes venaient chasser dans le haut pays et y établissaient des haltes de chasse".
Créé en 2010 par la Société d’Etudes Paléontologiques, le musée Tourrettan abrite sept salles de présentation. Elles mettent en valeur une partie des objets découverts lors des campagnes de fouilles entreprises dans les années 30, 80 et entre 2003 et 2009. Enfin une reproduction de la grotte Chauvet en Ardèche (-31000 ans), plonge le visiteur au cœur de l’art rupestre de nos proches ancêtres.
Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h. Entrée gratuite.
Maison des Remparts - 06690 Tourrette-Levens
Tél. 33 (0)4 97 20 54 60 - www.tourrette-levens.org
|